Etale d'un magasin de Komboloï en Grèce

Les secrets du Komboloï, un accessoire grec aux faux airs de chapelet

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Le komboloï grec est un petit objet emblématique du quotidien et de la culture grecque. Tellement emblématique qu’un musée lui est consacré à Nauplie dans le Péloponnèse. Ce bracelet ressemble à s’y méprendre à un joli chapelet catholique. Lors de mes divers voyages en Grèce et en Crète, qu’importe où je me suis rendu, il y avait toujours un homme assis s’amusant avec un komboloï aux abords d’un café.

Ce petit objet intrigue beaucoup de voyageurs. C’est pourquoi je vais tenter de répondre à toutes les questions qui se posent autour de ce mystérieux bibelot.

À quoi sert un komboloï ?

Beaucoup de touristes remarquent cet objet et pensent qu’il s’agit d’un objet aux attraits religieux ou qu’il permet de réaliser des prières. Pourtant, aucune de ces explications n’est vraie. Ce petit collier de perles n’est utilisé par les Grecs que pour jouer, passer le temps et se relaxer.

À la manière d’un antistress, il détend le corps, l’esprit, il occupe les mains et peut empêcher les vieux grecs de fumer, car la Grèce est le pays où l’on fume le plus en Europe. On dit également qu’il prévient de la malchance. Pourtant dans sa traduction littérale, le mot komboloï désigne les nœuds (kombos) et les prières ou les paroles (logio).

Magnifique Komboloï grec aux perles rouges
Magnifique Komboloï grec aux perles rouges © Paul Reid

Ce faux chapelet était très populaire au siècle dernier et a perdu de sa renommée. Depuis quelque temps, il commence à revenir de plus en plus dans les mains des jeunes hommes. On le retrouve énormément en Crète, dans les villages majoritairement. 

Et même s’il est normalement attribué aux hommes, certaines femmes commencent à l’utiliser au quotidien, à le porter en bijou ou en accessoire sur les sacs et les vêtements. Elles préfèrent aussi utiliser une variante du Komboloï grec qu’on nomme Begleri. C’est une version miniaturisée et simplifiée du collier classique avec les extrémités qui ne sont pas reliées. 

Comment fabriquer un komboloï ?

Le komboloï grec se décline en une multitude de coloris, de matières premières, de tailles et de poids.

En revanche, la fabrication du komboloï respecte toujours le même schéma : il s’agit d’une simple ficelle sur laquelle on enfile des perles. Elles peuvent être de formes rondes ou plus cylindriques et celles-ci peuvent se déplacer contrairement à un chapelet classique où les perles sont fixes. Le nombre de perles présentes sur le collier n’a pas non plus de signification et n’est pas fixe, mais il oscille en général entre 13 et 16 perles pour les plus classiques et peut dépasser la trentaine pour les plus grands.

Ensuite, on réalise un nœud solide et souvent ornementé d’une très jolie perle entre les deux extrémités du fil pour sceller les perles et en faire un collier. Pour les moins coûteux, les perles peuvent être en plastique. Autrement, il existe des colliers avec des perles en véritable bois d’olivier, en ivoire, en nacre, en ambre, en pierre de lave, en corail et bien d’autres matières précieuses.

Comment utiliser un komboloï ?

Il y a des méthodes plus ou moins difficiles pour faire tourner le Komboloï autour de ses mains.

La technique la plus simple consiste à saisir le collier et à faire tomber les perles une par une. Le son du choc entre les perles donne un effet relaxant et peut même servir de tempo pour les plus musiciens si le geste est réalisé en rythme.

Ensuite, une méthode basique consiste à saisir une partie des perles dans sa paume, de faire pendre l’autre partie sur l’extérieur de la main et de la ramener énergiquement vers soi afin qu’il fasse un tour entier autour de l’index. Et on recommence l’opération pour donner un effet de vitesse. On voit beaucoup les vieux crétois, assis à l’ombre, avec un café sur la table, réaliser ces gestes particuliers.

Un vieux grec assis, jouant avec son Komboloï aux abords d'un café
Un vieux grec assis, jouant avec son Komboloï aux abords d'un café © Jekaterina Voronina

De nombreuses autres techniques plus ou moins complexes existent pour se détendre avec cet objet. Cela dépendra de l’expérience de son utilisateur, s’il veut faire du bruit, ou si simplement, il veut s’occuper les mains.

Où acheter un komboloï grec ?

C’est un produit phare de la Grèce et il n’est pas difficile d’en trouver. Si vous n’accordez pas trop d’importance à la valeur de l’objet ou que vous souhaitez en faire un simple souvenir, alors vous pourrez en faire l’acquisition dans les "peripteros".

Ce sont les petits kiosques de quartier qui vendent les journaux, friandises, boissons et qui sont généralement ouverts à tout moment. Les colliers de perles qu’ils proposent ne sont pas de la plus grande qualité, mais cela reste très pratique si vous devez changer de collier parce qu’une perle s’est brisée, ou que le nœud s’est défait.

Grande variété de Komboloï grec dans un magasin spécialisé
Grande variété de Komboloï grec dans un magasin spécialisé © Torsten Lorenz

Si votre envie est d’acheter un komboloï grec qui a de la valeur, je vous conseille de vous rendre dans les boutiques spécialisées comme celle du musée dédié de Nauplie par exemple. Ces artisans fabriquent leur propre collier à la main. Vous aurez l'embarras du choix pour trouver la perle rare, et même acheter un komboloï en souvenir pour vos amis ou vos proches. 

D’autres boutiques renommées sont également disponibles dans toutes les grandes villes comme Athènes et Thessalonique ou bien La Canée en Crète.

Les prix de ces petits objets d’art peut varier du tout au tout selon leur qualité, de quelques euros à plus d’une centaine pour les objets d’art les plus précieux.

Alexandre Prizac
Alexandre Prizac

Voyageur dans l'âme, Alexandre alterne sa mission entre reportages et suivi de projets digitaux. Son cœur se tourne surtout vers la Crète, où réside une partie de sa famille depuis plusieurs années.

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