La villa romana del casale en Sicile, photo lev levin pour Dreamstime

Un voyage architectural en Sicile (ép. 1) : Antiquité et expansion Gréco-Romaine

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Pour bien aborder l’architecture sicilienne, il est important de retracer le fil de l’Histoire et connaître toutes les colonisations qui ont dominé l'Île du Soleil au fil des siècles. Plus d’une dizaine s’y sont installées, de tous les horizons et de cultures très différentes les unes des autres. 

L’architecture sicilienne est très liée à son passé ; elle est un condensé, un mélange de couleurs et de textures, de caractéristiques superposées et extrêmement influencées par ces dominations. Sa position géographique centrale, en plein cœur de la Méditerranée, en a fait le point d’arrêt indispensable pour qui souhaitait dépasser ses frontières, élargir son territoire et y développer ses affaires commerciales. Tous les peuples de la méditerranée y ont laissé leur touche conceptuelle. 

Guy de Maupassant la définit d’ailleurs ainsi : « Une terre indispensable à voir et unique au monde, c’est qu’elle est, d’un bout à l’autre, un étrange et divin musée d’architecture ».

Alors ouvrons les plans, prenons les mesures et dessinons ensemble un voyage aux confins de l’histoire et de ses créations. Notre aventure architecturale commence par l'Antiquité. Pour les épisodes suivants, c'est par ici : l'architecture sicilienne arabo-normande, et l'architecture sicilienne baroque / baroque tardif.

Aux confins de l'architecture antique en Sicile

D’un bout à l’autre de cette île triangulaire, en explorant ses régions, on retrouve un échantillon de chaque population qui l’a occupée, de chaque époque ; telle une visite en plein air elle offre à la vue des passants tous les secrets de son passé… à commencer par l’Antiquité. 

Nombreux sont les vestiges datant du 13ème siècle av. J.C., parmi les plus anciens au monde, laissés par les Sicules et Carthaginois, témoins du rôle central que la Sicile a pu jouer à cette époque.

Les origines rupestres des nécropoles de Pantalica

L’un des sites les plus représentatifs est celui des nécropoles rupestres de Pantalica, inséré en 2005 sur la liste Unesco des Biens de l’Humanité : un immense parc naturel parsemé de grottes de pierre calcaire, extraites artificiellement.

Les cavités rupestres de Pantalica. Copyright Siculodoc sur Dreamstime.

Le célèbre archéologue Paolo Orsi y a compté presque cinq mille sépultures, des cellules à plan circulaire ayant un petit dromos d’entrée et de grandes cellules à plan rectangulaire.

Nous sommes à la fin de l’âge de bronze et même s’il n’y a plus aucune trace de ses habitations et peu de certitude sur la manière dont les Sicules ont pu creuser ces tombes, on sait néanmoins qu’ils utilisaient des haches et inventaient les premiers systèmes de construction, comme la simple suspension à une corde ou la position à cheval sur des poutres, ou bien d’autres techniques rationnelles combinées à l’eau et au feu.

Nécropole rupestre de Pantalica en Sicile - photo Elisa Locci sur Dreamstime
Un vaste paysage rocheux autrefois habité par l'homme. Copyright Elisa Locci sur Dreamstime.

De nos jours, le site de Pantalica est un vaste paysage naturel, composé de plantes et fleurs en tous genres. On peut y percevoir le calme impérieux de ces endroits où tout prend naissance, le mystère d’un peuple dont on sait peu mais dont les sépultures, bien que muettes, en tiennent vif le souvenir, ainsi que les vestiges de Anaktoron, « palais des princes », définit par l’Unesco comme « d’une géométrie parfaite de murs de pierre de laquelle seule la fantaisie peut en suggérer les gloires. Unique reste d’une ville qui pourtant devait bien exister, et qui sait à quoi ressemblait-elle… ».

Un autre grand exemple de l’architecture de l’époque protohistorique est Thapsos, à Priolo, moins connu et pourtant le plus ancien en Sicile, contenant le plus vaste village fortifié en méditerranée occidentale, dont les fouilles ont mis au jour des cabanes aux influences locales et mycéniennes et des sépultures en coupoles creusées dans le roc selon la tradition égéenne.

Au fil des siècles les carthaginois utiliseront diverses techniques et matières : le chaînage, la poterie, la mosaïque, le pourpre et les pierres. Ainsi apparaîtra l’art punique, simple et austère, symbolique, comme les statuettes réalisées pour l’éloignement du mal, ou l’arrivée de la peinture sur des œufs d’autruches en image à une renaissance des peuples. 

Arrêtons-nous un instant sur les caractéristiques architecturales de la fondation, à cette période, de Sélinonte et Ségeste, bien que ces dernières connaîtront un développement, puis une destruction, considérable au cours des guerres puniques…

Ségeste, vestige d'un essor remarquable

Ségeste, fondée par les Elymes, connut un remarquable essor au 6ème siècle av. J.C. Elle était entourée d’une double enceinte de murs avec de hautes tours, son plan urbain étant régulier avec des rues qui se croisaient à angle droit.

théâtre de Ségeste en Sicile, photo Leonid Sorokin sur Dreamstime
Le théâtre de Ségeste, au cœur de la nature. Copyright Leonid Sorokin sur Dreamstime.

Deux monuments en reste encore bien conservés de nos jours :

  • le temple dorique datant du 5ème siècle av. J.C. réalisé en calcaire, où des bossages saillants qui servaient à transporter, soulever et positionner les blocs sont encore en place
  • et le théâtre également construit en pierre calcaire et en bois, suivant des règles géométriques extrêmement précises, datant du 4ème siècle av. J.C.

Sélinonte, du développement à l'abandon

Quant à Sélinonte, elle fut fondée au 7ème siècle av. J.C. et se développa rapidement mais connaîtra néanmoins un déclin considérable lors de l’abandon de la part de ses habitants durant les guerres puniques.

temple de selinonte
L'un des plus beaux temples de Selinonte.

Dans le secteur sud-est s’y trouvait le quartier sacré, quatre grands temples doriques, chacun désigné par une lettre de l’alphabet :

  • les temples O et A, tous deux périptères, jumeaux ; le temple A étant un périptère hexastyle, contenant deux escaliers en colimaçon et dont l’arrière s’ouvre sur un opisthodome symétrique
  • le temple C, sans doute dédié à Apollon, dont certaines colonnes sont monolithiques (en un seul bloc de pierre) et d’autres formées de rocs cylindriques superposés
  • le temple D ayant des caractéristiques architectoniques et des colonnes au fût galbé ce qui permet de les voir parfaitement rectilignes.
  • à l’extérieur du périmètre urbain se trouvaient deux zones sacrées où furent édifiés les temples E, F et G considérés parmi les plus beaux exemples du style dorique de l’époque classique, contenant également des décorations en céramique et en marbre.  

L’expansion Gréco-Romaine et son influence sur l'architecture sicilienne 

Une évolution considérable des techniques architecturales a lieu sous l’âge de fer, au 8ème siècle av. J.C.

Elle durera jusqu’à l’arrivée des Romains au 4ème siècle, lorsque les guerres puniques entraînent l’arrivée des Grecs en Sicile, la prise de Naxos et la fondation de la puissante cité de Syracuse, jusqu’à s’étendre vers Agrigente.

Tout le sud-oriental sera influencé par les techniques innovatrices de la Magna Grecia et, entre autres, le génie d’Archimède et de Pythagore, donnant lieu à la période hellénistique : de vastes plans d’urbanisme et de grands complexes prennent forme, multipliant la réalisation de théâtres, mettant en valeur la nature et la notion de plaisir, apportant un renouveau dans l’architecture religieuse.

Des progrès dans le coulage du bronze et la découverte du soufflage du verre permettront la réalisation de grandes pièces et la création de nouvelles formes et détails.

Ortigia et le Parc Archéologique de Neapolis

L’exemple sicilien le plus marquant de cette époque est sans doute Ortygie, l’antique centre de Syracuse qui se déploiera considérablement, notamment grâce à la constitution de quatre nouveaux quartiers dont les ruines sont aujourd’hui visitables au sein du Parc Archéologique de Syracuse : Akradina, Neapolis, Tyche et Epipole.

L'oreille de dyonisos à Neapolis
La célèbre Oreille de Denys à Syracuse.

Au sein du Parc Archéologique, on trouve le plus fameux théâtre grec avec :

  • la Cavea en forme de fer à cheval
  • l’autel de Hiéron II à base rectangulaire
  • le sanctuaire archaïque d’Apollon Téménite
  • les Latomies, anciennes carrières de calcaire
  • les Nécropoles
théâtre grec de syracuse
Le théâtre grec de Neapolis.

Il y a enfin le Fort Euryale, dont l’avant-poste fut restructuré en suivant les solutions techniques du projet d’Archimède telles qu’un accès précédé de trois fossés successifs, des cheminements souterrains, un pont-levis et cinq tours pour les balistes, en faisant ainsi une des œuvres défensives les mieux articulées du monde grec.

Continuons notre visite et retournons au centre de Ortygie, en son point le plus élevé, correspondant à l’ancienne acropole, où s’élevaient deux temples.

Le premier de style dorique, et aujourd’hui incorporé dans la structure de la Cathédrale, était dédié à Athéna, construit selon les canons architecturaux, avec 6 colonnes cannelées en façade et 14 sur les longs côtés. L’entrée était orientée à l’est, la cella était précédée d’un pronaos avec deux colonnes tandis qu’à l’arrière s’ouvrait l’opisthodome. Les portes étaient d’or et d’ivoire, symbole de richesse de la ville, tandis que l’intérieur laissait admirer des peintures représentants des faits et personnages historiques. Au centre du fronton oriental, le bouclier doré d’Athéna visible de loin permettait aux navigateurs d’y trouver un point de repère.

Le temple d’Athéna connaîtra de nombreuses modifications au fil du temps mais sera la base de départ pour la symbolisation de la grandeur des peuples qui succèderont aux grecs, devenant successivement une basilique paléochrétienne, puis une mosquée et à nouveau lieu de culte chrétien sous les Normands.

On élimina donc certaines cloisons, réorienta l’entrée principale... On ouvrit des arcades dans les murs de la cella et l’on ferma des espaces entre les colonnes du portique extérieur. Un chef d’œuvre architectural à ne pas manquer !

Le deuxième temple aux proportions monumentales édifié également en style dorique est celui d’Apollon, dont la construction intégrale en pierre en fait une importante innovation architecturale ; jusqu’alors, les colonnes étaient réalisées en bois. Il devient donc le premier exemple de temple périptère, avec 17 colonnes cannelées sur les longs côtés et 6 sur les courts, disposées sur deux files.

En son entrée, à l’est, on trouve encore la gravure en grec ancien de Kleomodes (sans doute l’architecte ou un des riches citoyens ayant financé les travaux) : "Kleomenes, fils de Knidieidas, érigea la colonnade pour Apollon, bel ouvrage".

La cella aux murs formés de blocs équarris devait être divisée en trois nefs par une double rangée de 7 colonnes placées en deux ordres différents ; sur le fond s’ouvrait un petit espace, l’adyton, typique des temples de Sicile.

De l’édifice, il reste le stylobate à plan rectangulaire allongé, quelques colonnes et une partie de la cella réutilisée à l’occasion de la transformation du temple en église byzantine et ensuite en mosquée. La décoration architectonique de la partie supérieure de l’édifice et des frontons était en terre cuite et comprenait probablement une Gorgone située au centre du fronton. 

La Vallée des Temples, site antique majeur pour l'architecture sicilienne

Un autre site d’exposition architecturale de la période du 6ème au 3ème siècle av. J.C., incontournable représentation de l’histoire sicilienne, est la grandiose Vallée des Temples d’Agrigente, même s’il reste peu de vestiges de l’acropole d’Akragas.

Coucher de soleil sur la vallée des temples
Coucher de soleil sur la Vallée des Temples à Agrigente.

Un vaste espace naturel parsemé d’œuvres diverses, à commencer par la Tombe de Théron, petit temple élevé sur un socle carré, un édifice doté de fausses portes entourées de colonnes ioniques soutenant un entablement dorique qui pourrait avoir était coiffé d’un toit pyramidal.

Le voyageur passe aussi par le quartier résidentiel composé d’habitations dont le centre vital consiste en un ample péristyle, les plus significatives étant la Maison du Péristyle, la Maison de l’Atrium en Céramique et la Maison du Peintre Abstrait.

Mais Agrigente offre une visite plus marquante sur sa colline, secteur sacré de la ville, caractérisée par la présence spectaculaire d’une série de temples en calcaire local...

L'architecture d'un temple dans la vallée des temples d'Agrigente
Vestiges de l'architecture antique dans la Vallée des Temples.

Le Sanctuaire des Divinités Souterraines ayant en son centre le Temple des Dioscures (les deux frères Castor et Pollux), le Temple de Vulcain (G), le Temple d'Esculape (H), le Temple de Junon Lacinia, typiquement grec, à l’origine recouvert de tuiles de marbre substituées ensuite par d’autres en terre-cuite par les Romains, comprenant l’aménagement de deux escaliers pour l’accès au toit, caractéristique architectonique propre aux siciliens.

Le Temple de la Concorde (F) chef-d’œuvre de la variété des techniques architecturales et détails géométriques de l’époque ; mais aussi le Temple d’Hercule (A).

statue temple agrigente
La célèbre statue renversée à Agrigente.

Impossible de manquer le Temple de Zeus Olympien, sans doute le plus grandiose de tout le monde grec, colossal, dont la construction dura presque un siècle entier, ayant un plan si particulier et original qui font de ce temple un cas architectural unique. Cette construction gigantesque a été réalisée avec de petits blocs de calcaire, utilisés dans la composition de chacun de ses éléments. Sur le puissant podium de gradins, on avait élevé à la place de la colonnade une enceinte continue de blocs quadrangulaires, décorée de demi-colonnes doriques adossées, d’au moins 15 mètres de hauteur et dont les cannelures étaient assez grandes pour pouvoir y abriter un être humain. Mais la caractéristique la plus importante sont les Télamons, des statues gigantesques de 8 mètres de hauteur soutenant la bâtisse bras levés, et une cella vraisemblablement à ciel ouvert. Un mythe indique que certaines de ses frises représentaient des scènes de la Guerre de Troie et de la lutte des Dieux contre les Géants.

L’époque hellénistique sera une période de grandes constructions, permettant le déploiement des dominations assurant ainsi une protection renforcée des territoires en cette phase de guerres à répétition qui laissera cependant les marques de l’appauvrissement et du dépeuplement... Tant et si bien que l’arrivée des Romains en terre sicilienne en sera facilitée.

Avec la fin de la première guerre punique en 241 av.J.-C., les Romains transforment la Sicile en leur propre province. Une fois passé le danger d'une éventuelle invasion carthaginoise, l'île perd son caractère stratégique et n'est appréciée pendant de nombreux siècles que pour ses ressources agricoles. Ce n'est qu'à la fin du IIIe siècle après JC, sous Dioclétien, que cette province romaine devient l'une des régions les plus recherchées par l'aristocratie romaine, qui y acquiert de grandes propriétés foncières. Rome n'offre pas de monuments prestigieux à la Sicile, mais construit divers bâtiments publics typiquement romains tels que amphithéâtres, spas, odéons...

Une des réalisations les plus représentatives de l’époque romaine est sans doute l’amphithéâtre du parc archéologique de Syracuse, le plus grand de Sicile (140mx119m), de forme elliptique, creusé dans la roche tandis que la superstructure était construite en maçonnerie, prévoyant des passages couverts par des voûtes, une arène entourée d’un haut parapet et des ouvertures permettant l’entrée des gladiateurs et des fauves. Les gradins étaient divisés en trois bandes, la ima, la media et la summa cavea.

Le 4ème siècle après J.C., à Taormine

On y observe le théâtre fondé par Hiéron II au 3ème siècle av. J.C. mais terminé par les alliés Romains, bien que ces derniers aient plutôt tendance à tout détruire pour mieux s’imposer et reconstruire...

Durant quatre siècles, la Sicile sera influencée par la foi chrétienne tout en restant profondément liée à sa culture grecque, donnant ainsi naissance à de prodigieux projets architecturaux.

Ce théâtre, extrêmement saisissant du fait de sa position harmonieuse avec la nature environnante, visité par des personnes venant du monde entier, est un joyau sicilien. Le grand cavea romain en brique, de 109 mètres de diamètre, est en hémicycle et s’adosse presque complètement au flanc de la colline offrant aujourd’hui une ouverture centrale laissant découvrir une vue exclusive en contrebas sur la mer et toute la côte Est, tandis qu’en relevant les yeux on surprend au loin, juste en face, l’Etna encore fumant.

Les gradins sont subdivisés en 9 secteurs rayonnants et l’on y accédait tant par le haut que par des passages latéraux couverts disposés le long des murs de soutènement. Le double portique typiquement romain, couvert par une voûte en berceau qui délimitait le haut des gradins, est orné à l’extérieur de colonnes de granite et muni de 8 ouvertures d’accès.

Tandis que le pan du mur de la scène et quelques gradins sont de période hellénistique, la disposition générale est probablement de l’époque d’Auguste alors que la scène fut rénovée sous Trajan au 2ème siècle.

La scène, rectangulaire, se termine à ses extrémités par deux corps en saillie et deux grandes salles. L’orchestre, en hémicycle, fut transformé en arène pour accueillir des combats entre fauves et gladiateurs, spectacles chers aux Romains qui recherchaient le divertissement avant tout.

La partie intérieure de la scène - le pulpitum - fut éliminée, ainsi que certains gradins inférieurs remplacés par un haut parapet et un corridor en voûte afin d’y faire passer les bêtes féroces en toute sécurité.

Sa dernière modification aura lieu à l’époque du Bas Empire, avec les thetimimes, permettant l’organisation de spectacles aquatiques. 

La Villa del Casale, chef d'œuvre romain le mieux conservé de Sicile

Le site sicilien représentant au mieux l’architecture de l’époque romane et byzantine est néanmoins la Villa del Casale de Piazza Armerina.

La villa romana del casale en Sicile, photo lev levin pour Dreamstime
La Villa Romana del Casale. Copyright Lev Levin pour Dreamstime. © Lev Levin sur Dreamstime.com

Sa construction débuta au 1er siècle pour être substantiellement agrandie et restructurée au début du 4ème siècle par un riche personnage dont on ne connaît pas l’identité avec certitude, jusqu’au moment où les invasions barbares du 5ème siècle engendreront son abandon et sa restauration lors de l’arrivée de la domination byzantine, pour ensuite passer entre les mains des arabes en 827 et même des Normands en 1060.

Ce complexe comprenait une soixantaine de pièces, articulées en quatre groupes d’édifices : l’entrée, les thermes, la grande cour et la salle à trois nefs.

mosaiques romaines en sicile
Un exemple de mosaïques romaines en Sicile.

L’édifice comprend un seul étage et les murs sont en ciment revêtu de petites pierres provenant des carrières de grès locales, pierre utilisée également sous forme de grands blocs. Afin d’alléger la structure, les voûtes contenaient des tubulures en terre cuite et de la pierre ponce.

L’entrée dans la villa s’effectuait par une porte monumentale à trois arcades, dont la façade était décorée de colonnes ioniques, de niches et de fontaines. Suivait une cour polygonale pour accéder vers le nord au complexe thermal tandis que sur la droite s’ouvrait le vestibule orné de mosaïques représentant des scènes de bienvenue, qui permettait de rejoindre le cœur de la villa, le grand péristyle entouré d’un portique constitué de colonnes de marbres précieux et de chapiteaux corinthiens, comprenant même une grande piscine ornementale revêtue de marbres et donnant accès au complexe thermal…

On comprend clairement le bon en avant au niveau architectural avec l’intégration de la beauté et du confort, comme des chambres à coucher équipées de lits insérés dans des niches en hémicycle et rectangulaires.

La grande particularité de la Villa Romana est sans doute son sol revêtu de mosaïque représentant de façon très détaillée le déroulement des actions prévues pour chaque salle ou des hommages aux traditions et célébrations de l’époque : une course au cirque Maximus à Rome, La Grande Chasse ou la plus célèbre Mosaïque des dix jeunes filles en bikini. Le chef-d’œuvre romain sans doute le mieux conservé de Sicile.

C’est d’ailleurs à cette époque qu’apparaissent les mosaïques en or dans les églises...

Céline Alcala

Expatriée en Sicile, Céline vous raconte la terre qui a conquis son cœur au travers de son blog « Céline en Sicile ». Retrouvez l’authentique vie sicilienne en direct sur son compte Instagram.

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